Contribution déposée sur AgoraDem

Depuis 2002, l'élection présidentielle est l'élection prépondérante, qui détermine la vie politique du pays pendant cinq ans. Or, depuis 2002, cette élection s'est révélée incapable de désigner un Président capable de rassembler la France.

En effet, le mode de scrutin de cette élection est fait pour produire artificiellement une majorité de 50% en mettant en scène l'affrontement d'un camp contre un autre. Ce fonctionnement a pu être justifié au début, mais se révèle aujourd'hui absurde :
– en 2002, Le Pen était au second tour, alors qu'il n'avait aucune chance de gagner (contrairement à Jospin) ;
– en 2007, Bayrou aurait battu Sarkozy ET Royal en duel, mais n'a pas été qualifié ;
– en 2012, Bayrou aurait battu Sarkozy bien plus largement que Hollande, mais n'est arrivé que cinquième.

Au second tour, la majorité des électeurs votent pour l'un des deux candidats avant tout contre le candidat d'en face. Mais beaucoup le font dès le premier tour (le "vote utile") !

Il existe d'autres modes de scrutin permettant de voter différemment. Le choix d'un nouveau mode de scrutin devrait être guidé par les deux critères suivants :
1. être simple à comprendre par l'électeur, simple à mettre en place, et transparent (contrôlable)
2. permettre à l'électeur d'exprimer au mieux son opinion

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Parmi les modes de scrutin alternatifs, le vote par approbation est celui qui remplit le mieux le premier critère.

Il n'est pas celui qui garantit la meilleure expression à l'électeur (pour cela, il faudrait passer au vote par note) mais il représente déjà un énorme progrès par rapport à la situation actuelle. Les expérimentations menées en 2002, 2007 et 2012 ont montré que le vote par approbation :
– augmente le score des candidats auparavant délaissés en raison du "vote utile"
– diminue le score des candidats clivants ou extrêmes
– fait gagner le candidat le plus rassembleur

Sources : https://www.gate.cnrs.fr/spip.php?article580

Le vote par approbation consiste tout simplement à permettre à l'électeur de voter pour plusieurs candidats, au lieu d'en choisir un seul. Concrètement, il suffit de supprimer la phrase suivante dans l'article L65 du Code électoral : « Si une enveloppe contient plusieurs bulletins, le vote est nul quand les bulletins portent des listes et des noms différents. »

On peut imaginer de plus grandes enveloppes, mais peut-être plus simplement un bulletin unique avec des cases à cocher (ou bien à poinçonner pour éviter les signes distinctifs).

Le dépouillement prendrait un peu plus de temps : les expérimentations ont montré que les électeurs votent en moyenne pour 2 à 3 candidats. Néanmoins, ce mode de scrutin augmente de manière importante la probabilité qu'un candidat atteigne 50% de voix, rendant inutile un second tour conformément à l'article 7 de la Constitution. On peut également imaginer de supprimer ce second tour (inutile, puisque les électeurs ont déjà pu s'exprimer sur tous les candidats) mais cela nécessiterait de modifier la Constitution.